Manager les Systèmes d’information de Santé – Novembre 2009



Edito

La e-santé au rang des priorités




La perspective du Grand Emprunt attise lobbying et débats, voire disputes, autour du montant et de l’affectation des fonds à récolter. Le suspense doit durer encore quelques semaines, et le projet sera soumis au Parlement.
Suspense ? La e-santé paraît en tout cas assurée de trouver sa place parmi les priorités d’avenir définies comme devant représenter les « domaines d’excellence de la France à 20 ans ». On avance même le chiffre d’1,5 milliard d’euros, soit le tiers de l’enveloppe qui pourrait bénéficier au « numérique » dans son ensemble.
Le rapport de la Mission Lasbordes est à ce titre opportun, qui synthétise recommandations et feuille de route pour le déploiement de la Télésanté. Il éclairera utilement les parlementaires sur ce qu’ils peuvent miser en jouant cette priorité… et ce qu’il y a à gagner.
DL



Le fil

La Commission européenne veut soutenir une stratégie « internet du futur, pour des infrastructures intelligentes », notamment dans la santé, qui passera par le lancement, en 2010, d’un appel à propositions d’un montant de 300 millions d’euros.

Les premières expérimentations du Dossier Pharmaceutique à l’hôpital sont en cours de préparation, notamment en Lorraine et en PACA : elles concerneront les médicaments rétrocédés par les pharmacies des établissements de santé.

InterSystems Corporation a reçu le prix européen créé par Frost & Sullivan dans le domaine des SIH qui récompense le niveau de service et la qualité du support clients de l’entreprise.

IDC estime que c’est le marché des logiciels qui va principalement bénéficier de la croissance de l’investissement IT dans la santé d’ici à 2013 : l’organisme donne une prévision à 173 millions d’euros pour le marché français des logiciels cliniques (contre 89 millions en 2009).

La possibilité de noter les hôpitaux via Internet obtient une nette majorité d’opinions favorables en Europe (63% en France, 72% en Allemagne), mais les avis sont moins tranchés en ce qui concerne la notation des médecins en ligne (Baromètre Cercle Santé-Europ Assistance-CSA).

Inforoute Santé du Canada, organisation financée par le gouvernement fédéral pour promouvoir l’adoption des systèmes d’information électronique en santé, vient de passer avec succès l’examen de ses activités par le Bureau du Vérificateur général du Canada (chargé de contrôler la gestion des finances publiques).



Zoom sur...

La télémédecine, du discours à l’action




Les verrous sautent peu à peu.

En novembre 2008, Roselyne Bachelot se lançait dans la promotion de la télémédecine et de la e-santé en conseil des ministres. A peine un an plus tard, elle peut se féliciter d’avoir concrètement ouvert la voie, d’abord par un article de la loi HPST, au titre de l’accès aux soins, et tout récemment avec un amendement au PLFSS 2010 qui lève deux verrous juridiques : le principe d’interdiction du partage d’actes et celui du remboursement réservé aux actes réalisés en présence (physique) du patient.
Quant au décret annoncé par la loi, il tient en trois chapitres (définition des actes de télémédecine, dispositions à respecter pour en déployer les applications, principes de financement) et se trouve quasi prêt à partir en concertation.
Résultat : tous les acteurs sont dans les starting-blocks. Les industriels, bien sûr, qui voient dans la e-santé un véritable levier de croissance économique. Mais pas seulement. Les médecins qui se sont regroupés au sein de l’ANTEL (Association Nationale de Télémédecine) - pour en finir avec l’emprise des informaticiens sur le sujet – s’apprêtent à transformer l’association en véritable société savante, ouverte à l’ensemble des disciplines médicales, et prête à produire les recommandations d’experts nécessaires pour guider les e-médecins dans l’évolution de leur pratique (1). Les patients ont, pour leur part, profité de l’occasion offerte par les auditions de la Mission Lasbordes pour rappeler (par la voix du CISS, Collectif interassociatif sur la santé) leur soutien de principe au développement de la télémédecine et formuler leurs 7 recommandations prioritaires.
Côté établissements, la FNEHAD souligne, dans son récent Livre blanc des SI en HAD, que les applications de télésurveillance et de téléconsultation doivent être privilégiées dans le cadre d’une « implication active » des acteurs de l’HAD dans le développement de la télémédecine.
Mais c’est la téléradiologie qui représente aujourd’hui le terrain le plus propice à l’action. De nombreuses conditions sont en tout cas réunies pour qu’elle offre, dès 2010, dans de nombreuses régions, une préfiguration intéressante des modèles organisationnels induits par la télémédecine.

(1) L’ANTEL prépare également ses 2es Journées scientifiques (le 19 novembre), avec un programme destiné à démontrer toute la diversité des applications déjà existantes.



L’interview

Avantages et limites des solutions en mode hébergé avec Jérôme Duvernois, directeur de la Stratégie, Softway Médical


Vous avez lancé la solution One Manager de Waid, lors des JFR. Elle confirme l’orientation technologique 100% web de Softway Médical, déjà engagée avec l’offre Hopital Manager ?

Cette évolution technologique répond en effet aux attentes du marché de la santé, comme beaucoup d’autres marchés d’ailleurs, qui demande une simplification des usages, du déploiement et de l’administration des outils informatiques. L’avenir est aux solutions hébergées, mais nous n’en sommes qu’au tout début. Nous comptons 250 établissements en production sur tout ou partie des modules d’Hôpital Manager, mais un seul a démarré en mode hébergé. En radiologie, 5 cabinets ont déjà adopté One Manager et tous les devis que nous réalisons actuellement concernent le mode hébergé.

Quels seront les principaux bénéfices de cette évolution pour les utilisateurs : une aide à la mutualisation, des coûts réduits ?

L’hébergement à très haute disponibilité coûte cher, il ne faut donc pas en attendre des économies à court terme. Il garantit en revanche une continuité - et une qualité - de service qui constitue le principal objectif des établissements qui se tournent vers ces solutions. Elles vont naturellement faciliter les opérations de mutualisation, mais il ne faut pas oublier qu’une véritable solution hébergée doit être conçue nativement, avec cet objectif, si l’on veut qu’elle supporte des processus de communication inter établissements. Elles présentent aussi des bénéfices en termes de délais, avec des gains de temps réalisables sur la partie infrastructures des projets.

Le groupe Softway Médical s’est construit par acquisitions successives. Comptez-vous en accroître encore le périmètre ?

Nous avons effectivement des activités à ajouter à notre offre, mais nous travaillons aussi en partenariat étroit avec des acteurs qui couvrent des spécialités pointues, comme Bow Médical en anesthésie, ou Improve pour les urgences. Nous ne sommes pas dans une course au chiffre d’affaires ! Nos acquisitions doivent faire sens, en termes de marché et de produits, pour assurer une cohérence globale de nos solutions.



Infos pratiques

- Hit Paris, l'édition 2010 est lancée avec déjà plus de 60 exposants inscrits ! Pour participer

- Hit Paris 2010, vous invite à partager vos retours d'expérience sur le thème "Mieux soigner, mieux gérer, mieux décider avec les TIC". Jusqu'au 25 novembre 2009, répondez à l’appel à communication

Editeur : PG Promotion
Directeur de publication : Sandrine Degos
Rédaction en chef : Dominique Lehalle


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